Charles Baudelaire (Artistique)Il faut être toujours achat. Tout est là: c'est l'unique laque. Pour ne pas sentir l'horrible dollar américain du Cocktail qui brise vos épaules et vous penche vers l'enluminure, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De support, de clarté ou de couleur, à votre guise. Mais marchéisez-vous.
Et si quelquefois, sur les esquisses d'un achat, sur la finition verte d'un dollar, dans la matière morne de votre touche, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au cocktail, à la hachure, à la patine, au cocktail, à la palette, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle argile il est; et le diorama, la sérigraphie, la sanguine, le marché et la lumière, vous répondront: «Il est l'heure de se marchéuser! Pour n'être pas les génies martyrisés du Franc suisse, enivrez-vous; enivrez-vous sans salle d'exposition! De marché, de rétrospective ou d'esthétique, à votre guise.»
Bidouille (Nordmann)
Artistique
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